L’école de la deuxième chance encore retardée
Article paru dans l'édition du 92, le 26 juillet 2010
La première école de la deuxième chance du département a bien du mal à voir le jour. Trois ans après le lancement du projet, son ouverture n’est pas prévue avant la fin de l’année.
C’est un peu l’Arlésienne de l’enseignement. Prévue en janvier puis dans le courant du deuxième trimestre 2009-2010, l’ouverture de l’école de la deuxième chance a été une nouvelle fois retardée. Les élus de la boucle nord s’impatientent et Jacques Bourgoin, le maire communiste de Gennevilliers, s’est ému récemment de cette situation auprès du président des Hauts-de-Seine. « Le projet est bloqué par la faute du conseil général », accuse-t-il.
Cette école de la deuxième chance doit permettre l’accueil d’une centaine de jeunes sortis du système scolaire sans qualification ni diplôme. Un projet porté depuis 2007 par la chambre de commerce et d’industrie de Paris - Hauts-de-Seine (CCIP 92) et financé par le Fonds social européen, l’Etat, le conseil régional, le département des Hauts-de-Seine, les villes et les entreprises.
Deux ans plus tard, les onze villes du nord du département partie prenante devaient se réunir en assemblée générale pour créer l’association chargée de gérer cette école de la deuxième chance. Les locaux, situés à Clichy, au 51, rue Pierre, à la limite de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), étaient prêts.
L’association devrait voir le jour en septembre
« C’est alors que le conseil général, sous prétexte que la totalité des 36 communes du département n’était pas impliquée dans le projet, a engagé une nouvelle consultation sur les statuts qui a remis en cause la création de l’association et rendu impossible l’ouverture de l’expérimentation du premier site situé à Clichy », souligne Jacques Bourgoin, qui craint que la subvention européenne ne soit perdue si l’école n’ouvre pas d’ici à la fin du mois de septembre.
Alain-Bernard Boulanger, maire UMP de Villeneuve-la-Garenne, responsable de ce dossier au conseil général, a expliqué qu’il souhaitait élargir la composition de l’association à toutes les villes des Hauts-de-Seine. « Le conseil général est garant du respect du principe d’équité entre tous les enfants du département qui ne peuvent, dans aucun domaine, être favorisés ou pénalisés en fonction de leur commune d’habitation. Le choix contraire, souhaité par certains, d’opérer une présélection géographique des enfants susceptibles de s’inscrire au sein du premier établissement de cette école serait injustifiable juridiquement et par ailleurs contraire à la politique de solidarité interdépartementale », explique l’élu en rappelant que « plusieurs villes du sud du département souhaitent que ce projet d’école de la deuxième chance s’adresse à l’ensemble des jeunes du département. »
Dès le départ, des projets d’ouverture d’autres sites dans le sud et le centre étaient pourtant envisagés. Bagneux et Nanterre ont manifesté leur volonté d’en accueillir un dès 2007. Boulogne a plus récemment exprimé le même souhait. Une assemblée générale constitutive devrait se réunir en septembre pour voter les nouveaux statuts proposés par le conseil général.
« Il faudra au moins deux mois entre la mise en place du conseil d’administration et l’accueil des premiers jeunes », explique Jeanne Schneider, la directrice de la future école de la deuxième chance. Avant la fin de l’année… peut-être.
CHRISTINE HENRY
